Article spécial pour ma couz' Mémé

Hé oui ma belle, ce post t'es dédicacé, parce qu'il est consacré à...

SAN GIORGIO MAGGIORE

Cap à l'est, capitaine !

C'est ton spot préféré de Venise, et tu as bien raison ! C'est the place to be de 17 à 19h, car il n'y a personne et que la lumière est magnifique.



Ce qu'il faut savoir sur San Giorgio Maggiore : 

A l'origine, cette toute petite île était la possession des Bénédictins qui y développèrent un centre d'études. Depuis les années 50, c'est le siège de la Fondation Giorgio Cini. Aujourd'hui, c'est toujours un lieu d'études, puisque le couvent comprend une bibliothèque immense (la Bibliothèque de Longhena) qui est la référence en matière de divers domaines artistiques à Venise, comme l'indiquent ces affiches :




L'église est l'oeuvre de Palladio, un dingue des proportions parfaites et de l'harmonie architecturale (hé oui... c'est le cas pour tout le monde, à la Renaissance). Disons qu'en entrant, on remarque tout de suite le soin apporté à ce détail :



En gros, tout paraît GIGANTESQUE et super aéré.



John Pawson y expose des installations à base de cristaux Swarovski, et propose de réétudier les perspectives du lieu à travers le prisme du cristal.

Sinon, ici, on rigole pas avec la Madone : c'est "Master-couronne", sinon rien !
(Ci-dessous, ses autres couronnes, pour les "grandes occasions")





Dans l'église se cachent également un immense ange, avec les ailes visiblement rétractables :




Et aussi... (roulements de tambours...) La Cène du Tintoret ! Comme ça, en free access ! (Ceux qui ont suivi les cours d'Histoire de l'art de Mme Maret-Seppey comprendront pourquoi je m'excite comme une folle) :

La Cène, Le Tintoret

Le choeur en bois sculpté


Petite digression sur le problème de l'art dans les églises :

Depuis quelques temps, je me rends compte que ma vue baisse. Et sincèrement, je suis à fond pour encourager les gens à voir les oeuvres "en vrai", mais dans les églises, c'est juste impossible. Soit parce que le vernis fait des reflets qui gâchent la compréhension de la toile, soit parce que c'est très mal éclairé, ou trop haut, ou parce que le peintre appartient au début du mouvement Baroque et se la joue avec (trop ?) de clairs-obscures. Ainsi...



(Et encore, là ça donne bien parce que j'ai triché avec les réglages de mon appareil photo...).


Petit tour de l'île :

Autrefois appelée "l'île au cyprès", San Giorgio Maggiore est une parenthèse magique, avec une vue incroyable sur la Place Saint-Marc.

On y trouve le port de plaisance de Venise. Et on remarque assez vite qu'en effet, la ville manque de place, en vue de l'affluence du trafic maritime (à tel point qu'ils parlent de découvrir certains Rio Terrà qui avaient été ensevelis pour remettre à jour de nouveaux canaux).


Parenthèse Biennale :

Sur la rive, Marc Quinn s'en est donné à coeur joie et a disposé de nombreux coquillages immenses et incroyablement réalistes :




Ah... et il a aussi fait une orchidée...




Derrière la fondation Cini, on découvre une disposition de foetus (bwèèèèh !) :



Ca, c'est la vue depuis le hangar et les foetus


Et dans la fondation Cini, le maître laisse s'exprimer tout son génie (Florian, tu vas adorer) :



On ne voit pas bien, mais c'est un mec qui se liquéfie.

Alors là, vous allez me dire : "Ok, super, c'est quoi le délire ?! Le mec photographie une charcuterie et c'est de l'art ?!"
Mon gars...
C'est pas une photo...

... c'est de la peinture à l'huile.

Dingue, non ?!

Regardez cette maîtrise du reflet ! (bon... je cesse de m'enflammer...).


Là, c'est pareil : c'est de la peinture à l'huile.

Zombie-boy



Et là, c'est du ciment...

... si, si...


L'île aux cyprès

C'est tellement tranquille qu'on y passerait la journée !


Le couvent comprend 128 chambres, ce qui en fait un des plus grands de la région.

Il y a le plus gros "fake" de l'histoire des théâtres antiques, le "Teatro Verde", qui est en fait hyper moderne (genre XIXème siècle) :

(photo Google)


Il y a un cloître magnifique (dans lequel se cache la Bibliothèque Longhena) :




Ma-gni-fique !

(Que ceux qui se disent que j'ai mis mon t-shirt à l'envers se rassurent; c'est l'étiquette : quand je lève les bras, elle se dit "Cool ! C'est l'heure de sortir ?").


Monter se faire sonner les cloches



Et est-ce que je vous ai parlé du campanile ?
Il s'élève à 63m., donc il est plus petit que celui de St-Marc. L'avantage, c'est que lorsqu'on monte dessus, on peut voir celui de St-Marc (haaaannn, pas bêêêête !).

J'arrive au sommet :


Et là... comment vous dire...
Je vous laisse juger par vous mêmes :

Vue sur San Marco et l'Arsenal (Nord)

Vue sur les jardins de la Biennale et le Lido (en arrière-plan) (Est)

Vue sur le cloître, un bout du Lido (au fond) et les îles de San Servolo et de la Giudecca. (Sud)

Vue sur la Giudecca (à g.) et Dorsoduro (à d.) avec l'embouchure (floue) du Grand Canal. (Ouest)

Et comme je me suis lâchée et ai pris tous les clichés possible avant que la batterie de mon appareil photo ne me laisse tomber, voici quelques détails :

San Marco et sa "dentelle de pierres"

L'Arsenal


Cette photo pour montrer aussi que, contrairement à ce qu'on pense, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de voiture que Venise n'est pas polluée. Déjà, un vaporetto, ça n'avance pas à l'énergie solaire. Et surtout, on voit sur l'arrière-plan de cette photo toutes les usines qui poussent à Mestre et qui polluent un peu l'air, quand même.


Le cloître des Bénédictins





San Servolo (avec le Lido, derrière)

La deuxième coupole depuis la gauche, c'est le Redentore, où je vis.

Ca coûte 6 euros pour monter là-haut, mais franchement, ça les vaut !


Il tramonto (= le coucher de soleil). Même le mot est super poétique !

C'est gentiment l'heure de rentrer.




Délires vestimentaires

"Ecoute... Moi, je vais toujours à la Mostra en toute simplicité !"
Chérie... Non seulement tu n'es pas raccord du tout avec ton mec (plus important que d'être raccord avec son sac à main), mais en plus tu vas prendre le vaporetto. Avec des talons de 12. "Allô ?!"

"Arrêtez-la ! Cette femme a dérobé un Warhol ! ... Ah non..."

Sur le chemin du retour, l'un des chats du quartier me suit jusque chez moi :



La photo insolite du jour :

Eco qui, la fameuse photo pour Swatch. En direct de la croisette italienne, et devant un stand Maseratti, svp ! (et derrière des vélos. Ouaiiiis).


Bilan de cette journée : La fenêtre de ma chambre donne au-dessus des cuisines... Ca pue l'oignon dans mon lit.

Commentaires

Antoine a dit…
Simplement superbe ! Et tes photos continuent a être très favorablement inspirées de la beauté des lieux comme toi manifestement aussi ;-) bravo et très intéressant on va en avoir des choses à faire et j aime bien l idée de la biennale de disperser ces œuvres , bisous bisous
Un admirateur a dit…
STL e il tramonto

Le regard au loin, rêveuse à souhait, au sommet du campanile, les yeux remplits de dentelles de pierre, d'eau et de lumières douces.

Je m'en régale aussi au travers des yeux de ton appareil de photo...

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