Dorsoduro et la Giudecca, ou les quartiers dans lesquels je passe le plus clair de mon temps
Au risque d'en dégoûter certains, il fait, ici, une chaleur insoutenable. Après une semaine d'orages et de températures fraiches, voilà le retour de l'été, pour une semaine !
J'ai déjà fait plus de la moitié de mon séjour, ça passe à une vitesse folle.
Comme chaque début de semaine, nous accueillons de nouveaux étudiants dans la classe. Jusqu'à vendredi (au moins), plus d'Allemands, mais trois Autrichiens et 3 Françaises (ce qui m'agace au plus haut point dans le sens où je veux parler italien le plus possible. La chance, c'est que je crois bien que dans l'imaginaire collectif des Français, qui dit "Suisse", dit "germanophone", parce qu'elles n'osent pas m'adresser la parole).
En cours, on a appris l'importance qu'a eu la télévision, il y a environ 50 ans, pour unifier la langue du pays en Italie (chaque région avait alors son propre dialecte et il était très difficile de se (faire) comprendre).
Sur les traces de ceux qui ont fait l'Art Contemporain :
Comme il faisait un cagnard pas possible, direction la Fondation Peggy Gugenheim (où il y a un musée, il y a la climatisation) et sa collection impressionnante ! Non content de découvrir l'intérieur d'une maison vénitienne qui - pardon du peu - donne sur le Grand Canal, il est possible de découvrir également des inédits des plus grands noms de l'art contemporain. En tête : Clader, Pollock, Rothko, Giacometti, Picasso, Gotlieb, Kandinsky, Klee, Braque, Ray, Chagall, Gris, Léger, Ernst, Dali,... Un bon gros délire !
Parmi les oeuvres que j'ai préférées, il y avait :
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| Riley, Black on White, 1964. |
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| Cornell, Principessa Medici, 1955. |
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| Pevsner, Surface développable, 1941. |
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| Afro, Paese Giallo, 1957. |
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| Cornell, Untitled (Pharmacy), 1942. |
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| Hartung, T 1962-E15, 1962. |
Sinon, la maison vaut le détour. On sent que Peggy avait des sous... et aussi qu'elle délirait un peu comme les artistes d'avant-garde, en témoigne son jardin, véritable musée à ciel ouvert et... cimetière :
| "Légèrement surexposée..." Voici l'entrée de la maison. |
| Cour de la maison, avec un Giacometti et un vieux siège arabo-byzantin (à gauche, un Moore). |
| Collection de verreries avec le Grand Canal en arrière-plan. |
| La super sculpture qui nous ouvre les bras quand on est de l'autre côté, sur le vaporetto. |
| Jardin |
| Peggy Gugenheim est... enterrée dans son jardin... avec ses chiens ! ("To my dead babies". Glauquissime). |
| Même photo en dessous, mais avec la vue... |
| ... sur Santa Maria della Salute ! |
Toi aussi, apprends à compter avec les églises de Palladio !
Amis des mathématiques, bonsoir !
Envie de repartir dans un délire numérique sur la beauté de l'harmonie et de la spiritualité divine ? Vous êtes à la bonne adresse !
Santa Maria della Salute a été érigée en 1631, d'après les plans de Baldassare Longhena, pour remercier la Vierge d'avoir mis fin à l'épidémie de peste qui a ravagé la ville en 1630.
Ca, bon nombre d'entre vous le savent peut-être déjà.
Ce que peu de gens connaissent, en revanche, c'est le goût de l'architecte pour les thèmes ésotériques et, plus particulièrement, l'influence kabbalistique des rites juifs qu'il a probablement reçue de son père.
Cette église confirme, une fois encore, qu'on peut être talentueux et complètement fou.
Je m'explique :
Si on utilise comme unité de mesure le pied vénitien (soit à peu près 35,09 cm), on remarque que deux chiffres reviennent constamment : le 8 (avant tout représenté par la base octogonale de l'édifice et qui représente, dans la tradition judéo-chrétienne, la Renaissance, la Résurrection, le Salut, l'Espérance, la vie éternelle, etc.) et le 11, accompagné de ses multiples.
J'en entends déjà qui crient au scandale : "Ouais mais attends là ! Le 11 renvoie aux 10 Commandements ! Il représente le péché et tout et tout !" Hé bien non, pas pour la Kabbale, pour qui le 11 représente l'origine des tables de la Loi, soit Dieu et ses 10 "rayonnements". Le 11 est également la moitié de l'alphabet hébraïque et la moitié des 22 arcanes de Tarots.
Ainsi, on découvre que la longueur de la Basilique fait 121 pieds (11x11), que sa largeur serait de 88 pieds (8x11), que les côtés du plan octogonal de base mesurent 44 pieds (4x11), que les fondations sont enterrées à 88 pouces sous terre (8x11) et que 16 marches (2x8) permettent de descendre de la Basilique au campo où 11 marches descendent dans l'eau du Grand Canal.
Toujours pas convaincus ?
Alors sachez que si on additionne 11 et 8, on obtient 19. Et 19, selon la kabbale hébraïque, représente le "soleil de Marie". Et à qui est dédiée cette église déjà... ?
Le truc, sinon, c'est que le pavement de l'église est en pleins travaux, du coup, la moitié de l'édifice était fermé au public. Mais je rappelle que c'est une des rares églises de Venise à être encore ouverte gratuitement au public. Et qu'elle assure !
Sous le soleil des Zattere :
Si on poursuit jusqu'à la pointe de l'île (La "Punta della Dogana", car il s'agit là de l'ancienne douane des mers), on peut découvrir un diaporama incroyable qui s'ouvre à la fois sur San Marco et sur l'embouchure du Canal de la Giudecca :
"Viens dans mon île..." (Thomas Dutronc)
J'apprécie de plus en plus le petit bout de terre sur lequel je dors. Parce qu'il n'y a pas un touriste, qu'il fait bon vivre et que le courant d'air, en plein soleil, y est agréable.
Petite balade dans mon quartier :
La photo insolite du jour :
Bilan de cette journée : Mmmmh... manger des canolli dans le petit courant d'air de la Giudecca... J'aime de plus en plus ce pays !
Envie de repartir dans un délire numérique sur la beauté de l'harmonie et de la spiritualité divine ? Vous êtes à la bonne adresse !
Santa Maria della Salute a été érigée en 1631, d'après les plans de Baldassare Longhena, pour remercier la Vierge d'avoir mis fin à l'épidémie de peste qui a ravagé la ville en 1630.
Ca, bon nombre d'entre vous le savent peut-être déjà.
Ce que peu de gens connaissent, en revanche, c'est le goût de l'architecte pour les thèmes ésotériques et, plus particulièrement, l'influence kabbalistique des rites juifs qu'il a probablement reçue de son père.
Cette église confirme, une fois encore, qu'on peut être talentueux et complètement fou.
Je m'explique :
Si on utilise comme unité de mesure le pied vénitien (soit à peu près 35,09 cm), on remarque que deux chiffres reviennent constamment : le 8 (avant tout représenté par la base octogonale de l'édifice et qui représente, dans la tradition judéo-chrétienne, la Renaissance, la Résurrection, le Salut, l'Espérance, la vie éternelle, etc.) et le 11, accompagné de ses multiples.
J'en entends déjà qui crient au scandale : "Ouais mais attends là ! Le 11 renvoie aux 10 Commandements ! Il représente le péché et tout et tout !" Hé bien non, pas pour la Kabbale, pour qui le 11 représente l'origine des tables de la Loi, soit Dieu et ses 10 "rayonnements". Le 11 est également la moitié de l'alphabet hébraïque et la moitié des 22 arcanes de Tarots.
| Détail champêtre |
Toujours pas convaincus ?
Alors sachez que si on additionne 11 et 8, on obtient 19. Et 19, selon la kabbale hébraïque, représente le "soleil de Marie". Et à qui est dédiée cette église déjà... ?
| Intérieur |
Le truc, sinon, c'est que le pavement de l'église est en pleins travaux, du coup, la moitié de l'édifice était fermé au public. Mais je rappelle que c'est une des rares églises de Venise à être encore ouverte gratuitement au public. Et qu'elle assure !
Sous le soleil des Zattere :
Si on poursuit jusqu'à la pointe de l'île (La "Punta della Dogana", car il s'agit là de l'ancienne douane des mers), on peut découvrir un diaporama incroyable qui s'ouvre à la fois sur San Marco et sur l'embouchure du Canal de la Giudecca :
| On part quand, capitaine ? |
| C'est quand même le début de l'automne ici aussi : les arbres sont là pour nous le rappeler. |
"Viens dans mon île..." (Thomas Dutronc)
J'apprécie de plus en plus le petit bout de terre sur lequel je dors. Parce qu'il n'y a pas un touriste, qu'il fait bon vivre et que le courant d'air, en plein soleil, y est agréable.
Petite balade dans mon quartier :
| Le jardin qu'on voit ici illustre parfaitement l'art de vivre italien où, avant souper, on se pose devant sa maison pour bavarder avec ses voisins. |
| Si t'es un pigeon, t'as pas intérêt à venir sur mon mur ! (bouteilles en verre explosées, sur tous les murs). |
| Dans cette cour, on compte 13 cheminées pour toutes ces maisons du XVIIème siècle. |
La photo insolite du jour :
Bilan de cette journée : Mmmmh... manger des canolli dans le petit courant d'air de la Giudecca... J'aime de plus en plus ce pays !







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