Après-midi culturel, s'il-vous-plaît !

Vendredi après-midi, après les cours, petit panino express avant de partir faire un tour des galeries de la Biennale qui se trouvent dans le quartier de Santo Stefano et San Marco.

Sous le pont de l'Academia

Et qu'on ne me dise pas que les pigeons sont cons :




Ca' Foscari

Avant de partir en expédition culturelle et comme on passe devant, petit détour par la cour du Ca' Foscari, l'université des sciences et des lettres de Venise :


Avec les sculptures en verre du même artiste qui exposait à Murano.


Juste pour voir l'intérieur...

L'entrée


Conservatoire Benedetto Marcello

Il s'agit du conservatoire de musique de la ville de Venise, installé là depuis la fin du XIXème siècle. (Maman, tu le reconnaitras sûrement : quand je préparais mon voyage cet été, c'est le palais qui m'a fait tiquer dans ton livre qui traite des palais vénitiens).

Simon Ma y expose des travaux à l'encre ainsi que quelques sculptures. L'occasion également de découvrir le palais.
L'exposition s'intitule "Ink, Brush, Heart - Xishuangbanna". L'artiste est chinois et commence à être connu internationalement parlant pour son travail contemporain sur le thème de l'encre et son utilisation picturale qui mêle calligraphie et abstractions.





Pour les oeuvres suivantes, il est accompagné du photographe Julian Lennon. Un travail semble-t-il super simple, mais incroyablement poétique et bien pensé, notamment dans la disposition des spots qui permet, grâce aux jeux d'ombre et de lumières, un développement de l'oeuvre en 3D :






Le moins qu'on puisse dire, c'est que le cheval, c'est son dada.
...
OH, Joël ! J'ai enfin trouvé un titre digne du Nouvelliste !


Un petit détail du palais : "Non, non, ça ne se pète pas du tout la gueule".


L'artiste investit même les murs officiels.



Palazzo Falier

Voilà ! Il m'aura fallu 7 voyages à Venise pour découvrir le nom du palais qui me plaît sur le Grand Canal (jugez plutôt) :


Palazzo Falier, sur le Grand Canal (photo Google)

L'artiste qui y expose actuellement s'appelle Pedro Cabrita Reis et son travaille s'intitule "A remote whisper". Le but du jeux est de transformer les lignes du palais et de redéfinir les espaces. Pour cela, il a construit une gigantesque articulation métallique parcourue de leds, qui traversent toutes les pièces du palais sans discontinuer. C'est assez intéressant parce qu'on se retrouve à devoir passer sous les tiges de fer pour accéder à telle ou telle pièce. Mais l'intérêt pour moi résidait surtout dans la visite du palais.



Tout au long de l'expo, l'artiste présente également des sortes de "croquis préparatoires" qui montrent ses nouvelles conceptions de l'espace.




Bon... C'est pas l'installation la plus économique en matière de consommation d'énergie...



Et il y a plein de clins-d'oeil bizarres sur la structure. Ici, des pichets.


De nouveau, preuve de l'affaissement de la maison (qui date du XVème quand même).





Comment se repérer à la Biennale ?

Pour les expositions disséminées un peu partout dans la ville, et dont l'accès est gratuit, l'office du tourisme fournit des cartes avec les différentes manifestations et leur emplacement. Mais celui-ci est indiqué de manière peu précise. Du coup, la ville se décore de grands panneaux et quelques autocollants permettent de trouver son chemin jusqu'à la prochaine galerie :





Galerie A+A, Jasmina Cibic

Jasmina Cibic est slovène. Son travail, "For our economy and culture", se divise en deux parties : d'un côté, deux court-métrages interrogent le rapport entre l'art et l'architecture, les liens à faire ou à défaire entre un travail présenté et l'architecture dans laquelle il est présenté, un débat qui se demande qui doit l'emporter sur l'autre (et donc, qui se situe dans la ligne directe de l'interrogation posée par "The Encyclopedic Palace of the Biennale"; de l'autre côté, une série de peintures contemporaines de compositions florales, qui d'ordinaire décorent les bureaux officiels du gouvernement, sont ici disposées sur un papier peint au motif répétitif de scarabés slovènes, appelés Anaphtalmus hitleri... ce qui lance une interrogation sur la place de l'état dans l'art.







"Nel acqua capisco"

Au premier étage des vieilles Procuraties, sur la Piazza San Marco, il est possible de visiter une exposition collective de jeunes artistes sur le sujet de l'eau. Très variés, les travaux sont, pour la plupart, très intéressants :



Léda et son cygne surveillent l'exposition depuis le plafond.

C'est de l'encre...

... la preuve.

Dehors, l'effervescence de San Marco.


Du stylo sur catelles

Spéciale kasse-dédi à mon tonton Kari :

Là, c'est une nana qui a cherché une solution naturelle pour retirer toutes les saloperies, type hormones, qui demeurent dans l'eau, après qu'elle ait été "nettoyée" :




Ici, c'est un gars qui a planté des capteurs de sons dans la glace et a jeté des galets sur la surface. Et on peut écouter la réaction de la glace grâce à des écouteurs.



Un mec qui a travaillé avec des bouts de caoutchouc pour donner l'illusion d'une pieuvre...

Une pièce entourée d'écrans sur lesquels se reflètent des films d'aquarium. Et nous voilà en immersion totale avec des otaries.


Pavillon néo-zélandais

J'ai nommé Bill Culbert et ses installations lumineuses de néons :






Hahaha ! Je l'ai trouvé, Clara !

Petit détail de la porte de la paroisse où sont exposées les oeuvres de M. Culbert. "Non, non, l'acqua alta n'a pas du tout explosé ma porte..."


"Rhapsody in Green"

Le titre est la seule info qui ait été donnée à trois artistes asiatiques :



"Moi, le dimanche, quand je m'ennuie, je dessine des champs"...


(détail de l'oeuvre précédente)

J'aime bien le scarabée dans la mousse, en haut à gauche.


Margelle de puits, devant l'entrée


Petits détours :

1) Par la Fondation Querini-Stampalia, qui est aujourd'hui à la fois un musée, une bibliothèque et une librairie. On y propose essentiellement des livres sur l'art de Venise et 2-3 ouvrages qui concernent la typographie typique du coin. La cafétéria est un peu "the place to be" pour les Vénitiens du quartier.


(fatiguée d'avoir trop marché)

2) Par Santa Maria del Giglio. J'en avais déjà parlé dans un précédent post (l'église dont la façade extérieure représente des plans de villes médiévales). Cette fois, j'ai fait un saut à l'intérieur. J'en conseille vraiment la visite à tous ceux qui veulent voir ce que veut dire "tableaux d'église" : elle en est pleine et suffisamment lumineuse pour qu'on puisse voir quelque chose. L'église se targue également d'avoir le dernier Rubens de Venise (le mec a quand même peint une madone, tous mamelons dehors, pour une commande d'église ! Grosse blague). Sinon, la sacristie vaut également la peine pour les reliques qu'elle contient, toutes plus glauques les unes que les autres (os de saints, une dent de St-Laurent, un bout de crâne de St-Joseph,...).


Santa Maria del Giglio - intérieur (photo Google)

3) Je prévoyais également de faire un saut à San Lazarro degli Armeni, une charmante petite île perdue sur laquelle se trouve en ce moment l'exposition du Pavillon arménien et, toute l'année, le musée dédié à Lord Byron. Sauf qu'il y a deux vaporetti par jour et qu'il faut rester sur cette toute petite île au moins 2h30 avant le passage du prochain bateau. Donc, comme moi, vous vous contenterez de cette photo :


San Lazarro degli Armeni


Retour chez moi

En rentrant, dans le vaporetto, un gamin a expliqué au conducteur qu'il rêve de faire son métier, plus tard. Touché, le conducteur lui a proposé de passer la traversée dans sa cabine, en lui demandant conseil pour ses manoeuvres. A mourir de rire. Et de jalousie, aussi, parce que j'aurais trop voulu faire ça !




Soirée estudiantine

Clara me propose d'aller, avec Sam (un nouvel étudiant Syrien qui vient apprendre l'italien car il commence l'université à Mestre, à la rentrée, en relations publiques), dans un "bar super cool en terrasse". On cherche, on cherche, et... on trouve le fameux bar. Il est situé dans un supermarché, au-dessus d'une boucherie ! Imaginez 5 minutes un bar en terrasse plutôt guindé, avec DJ live et nourriture plutôt classe, et pour y accéder, vous devez passer derrière les étals sur lesquels ils découpent les cochons (vous avez dit "bar clandestin" ?) :


Sam et Clara... et Cochonou

Ambiance...

Du coup, on s'est réfugiés sur le Campo Santa Margherita, plutôt. Car les étudiants sont revenus et il y a à nouveau de l'ambiance le soir. La mode ici, c'est de s'attabler à l'un des bars et manger des cichetti à la lumière des bougies ou, plus "roots", prendre une pizza et un Spritz à l'emporter et s'asseoir par terre pour rencontrer des gens et jouer de la guitare avec eux :



Sam et Clara


La photo insolite du jour :

* "- Hé ! Ciao Vittoria ! Qu'est-ce que tu as fait, hier ?
- Je voulais exercer mon italien, alors j'ai acheté un livre...
- C'est vrai ? De qui ? Manzoni ? Scarpa ? Eco ?
- Le Vogue Italia !"

Véridique.
Du coup, j'ai suivi son conseil :

Je vous promets qu'il est en italien. Titre : "Oh George ! E tutto nosto". C'est beau le fantasme, les filles...


Bilan de cette journée : Parlez italien, avec un sourire et un décolleté, et toutes les portes vous sont ouvertes !

Commentaires

Casanova a dit…
C est beau c est beau et tu repères bien les choses à voir, certaines œuvres de la biennale me sont imperméables mais d autres m interpelles. Quel marathon heureusement que tu peux faire des pauses spritz et lecture. Ton palais est magnifique, tu as vu que sur la photo il y a une fille assis au balcon ? E dans une autre ton reflet comme une âme en quête de ?!... J aime bien te suivre confortablement installé dans le canapé avant d aller au lac malgré l orage de hier soir mais aussi une très belle soirée avec apéro et bonne bouffe au 3 € . Gros bisous et bon week-end si cela veut encore dire qqc pour toi.
Georges C.... a dit…
Ah oui j en avais oublié un ;-) sous le çrucifix et avec Georges en main, c est presque comme une madone peinte par Rubbens ;-)

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