Bei tramonti (*beaux couchers de soleil)


Le grand intérêt de sortir du boulot vers 18h15, c'est la vue magnifique qu'on a de San Marco, depuis la Riva degli Schiavoni, dans la lumière du soleil couchant... qui est chaque soir différent, bien sûr.

Au large, Santa Maria della Salute.

La "punta della Dogana" avec, à gauche, le Canal de la Giudecca et, à droite, le Grand Canal.


La photo touristique par excellence (je me fais bousculer, chaque soir, dans le vaporetto, pour que les grosses Allemandes puissent prendre leur cliché kitsch (avec le flash, bien sûr, histoire qu'on ne comprenne pas pourquoi la photo ressort entièrement noire, et qu'on remette ça une vingtaine de fois...)).


Petit tour sur le Grand Canal :

A certaines heures, il est possible de prendre le vaporetto presque vide (enfin... seulement à cette saison...), de s'asseoir à l'arrière à l'abri du vent et de profiter de la vue pendant les 35 minutes (avec la linea 2) qui nous amène jusqu'à la gare...


Il fut un temps, toutes les façades des palais donnant sur le Grand Canal étaient décorées de marbres et d'or, comme la récente restauration de la façade de celui-ci. On image le spectacle des reflets, dans le soleil couchant !

Et celle-ci montre pourquoi de plus en plus de ces palais sont délabrés et délaissés par leurs propriétaires. Toutes les fenêtres fermées signifient qu'il n'y a plus personne qui vit là. Souvent, c'est le piano nobile, l'étage du centre, qui est abandonné en premier; les plafonds trop hauts et les parois humides rendent l'appartement insalubre. Pour le reste, on vend l'étage du bas (le plus soumis à l'acqua alta) et le propriétaire vit souvent dans celui du haut. Aujourd'hui, les rares palais qui peuvent se permettre un entretien et une relative conservation sont ceux qui appartiennent à la commune (la poste, la garde des finances et de nombreux musées ont ainsi pris place dans des palais du Grand Canal).


Soirée francophone :

Retrouver une amie de France 12 ans plus tard, en Italie... Parfaitement logique !
Je vous présente donc Margot, ma grande copine qui est devenue prof à l'université (tout va bien... je n'ai pas raté ma vie...) et qui est à Venise pour des recherches scientifiques.

Elle a apporté une bouteille de "Soave", le vin typique de Vérone...

... et rit de manger une raclette en guise de premier plat entre amis à Venise.


La photo insolite du jour :

La publicité pour la marine vénitienne. Alors on pourra bien sourire, nous, pauvres paysans montagnards, n'empêche qu'à Venise, la profession rencontre un grand succès, tant chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes. Et à travailler à l'Arsenal, il n'est pas rare de les croiser, dans leur bel uniforme.
 

Bonus :


Je lis, en ce moment, ce livre très très bien, offert par mon papa (et je casse les pieds à mes colocataires, tous les soirs, à leur dire combien l'ouvrage est intéressant et à leur demander la couleur de leurs selles dans le but d'analyser l'état de leur flore intestinale).

Alors de quoi ça parle... De caca, de microbiote et du fascinant système qu'est notre corps.

Peu de gens le savent, mais pendant longtemps, j'ai rêvé d'enseigner la biologie et c'est pourquoi j'ai poussé l'étude de la discipline le plus loin possible (jusqu'à la maturité). Et cet ouvrage, avec beaucoup d'humour, me permet de retrouver le frisson des découvertes faites en classe. Ce moment magique où l'on se dit "punaise, mais c'est incroyable ce truc !"

Giulia Enders, l'auteure, est une jeune Allemande de 24 ans, doctorante en médecine et passionnée par la cause intestinale après s'être guérie toute seule d'un problème de peau en... changeant son alimentation. Avec une capacité incroyable à vulgariser les thèses les plus complexes de la biologie et du monde médical, elle explique les découvertes réunies à ce jour sur le monde de l'intestin et de la digestion et expose des hypothèses particulièrement intéressantes qui soutiennent l'idée selon laquelle cet organe est un second cerveau, preuves anatomiques, psychologiques et expérimentales à l'appui.

Le tout est illustré par les dessins naïfs et charmants de sa grande soeur graphiste. Ah ! et la traduction française est simplement impeccable.

Bref, je conseille à tout le monde de se le procurer et de le dévorer (ahaha ! "digestion", "dévorer", vous avez saisi... ?!) Tous ceux qui aiment la médecine, la chimie organique et la biologie, bien sûr, mais aussi tous les néophytes en la matière, qui se demandent juste pourquoi ils sont parfois ballonnés, ou pourquoi et comment l'oignon fait péter. C'est vraiment facile à lire et absolument passionnant ! (en plus, il y a un petit "carnet scatologique" sur ce qu'est le caca d'une bonne digestion et les 5 autres cacas qu'on ne devrait jamais trouver dans ses toilettes; une liste qui permet de se dire "ah ouais... en fait j'ai vraiment quelque chose qui ne joue pas dans les boyaux", et de trouver des pistes pour y remédier :)

Je vous laisse sur ces belles paroles (courrez acheter ce livre !) et sur le magnifique phoenix mobile de l'artiste chinois Xu Bing :


bisous

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