Le coin lecture_3

Vengeance, théâtre, libertinage et duels à l'épée, bienvenue dans la Venise du XVIIIe siècle avec:


"La cité des loges" de Thierry Maugenest,
paru aux éditions Albin Michel à Paris, en 2016.

Automne 1732 à Venise. Les nombreux théâtres vénitiens rencontrent beaucoup de succès et se vouent une concurrence sans merci. Mais les principaux acteurs qui occupent le sommet de l'affiche disparaissent l'un après l'autre, condamnant tour à tour chacune des représentations à l'échec. Et si ces disparitions avaient un lien avec le corps de cette jeune actrice, retrouvé dans un canal sept ans auparavant? C'est dans ce contexte que Zorzi Baffo, le chef de la police criminelle (un personnage aussi brillant que bedonnant) s'allie à Carlo Goldoni (rien de moins que lui!) pour mener l'enquête.
On passe de lupanars en "casino", de théâtre en maisons de maître, sur la toile de fond sulfureuse d'une Venise hypocrite où se mêlent Inquisition et vices carnavalesques. Zorzi Baffo, notre héros, parcourt les rues de Venise que Thierry Maugenest connaît vraisemblablement bien (puisque l'orientation est conforme à la réalité topographique). Les puristes - dont je fais partie - y verront de nombreux clichés sur une époque (le XVIIIème siècle) et ses coutumes... Il n'empêche, voici une lecture divertissante que je conseillerais volontiers pour les vacances. Ou pour brièvement changer d'air.

Extrait:

(Qui sera orienté et actualisé, vous me connaissez...)

"- Je fais allusion aux fondateurs de la cité dont vous parliez à l'instant. S'ils ont gagné ces terres hostiles, brumeuses, c'est qu'il s'agissait pour eux de se préserver des envahisseurs. Ils n'avaient ni l'envie, ni les moyens de les combattre. De nos jours, les derniers Vénitiens libres, en déclarant leur neutralité sur la scène internationale, refusent pareillement de se défendre.
(...)
- Je comprends ce que tu veux dire, répond enfin l'enquêteur, la République effectuerait ainsi son retour aux sources: Venise est née d'un peuple sans armes et elle finira aux mains d'un peuple de saltimbanques. Elle se contente de faire le dos rond en attendant l'envahisseur... qui viendra tôt ou tard, puisque ce joyau n'est plus gardé ou presque."   

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