Venise me manque. Venise m’appelle.
A l’origine, j’avais pris cette photo depuis le train, parce que je trouvais sa lumière, ses couleurs, ses lignes très cinématographiques, et que ça me donnait envie de partir pour toujours en vacances en Italie en enjambant une Vespa.La fraîcheur des aperitivi en terrasse, à base de cicchetti du cru (il baccalà dans ses trois déclinaisons régionales, surtout, et les crostini de verdure), de vin blanc du Veneto et de Spritz select se rappellent insidieusement à mon souvenir. A chaque rayon de soleil, à chaque température dépassant les 20°C et invitant à ôter ses chaussures,... Venise est là, en mémoire, son air salé et iodé flotte dans l’air, mon ventre gargouille.
Je veux de ces moments hors du temps, devant un gâteau, au coeur des BD et des livres pour enfants. Ca piaille en italien. Le soleil traverse l’unique fenêtre à tessons de cet ancien hangar réaffecté en « librairie-bar-lieu de concert ». Très bobo, tout ça. Très hipster. Très instagramable. J’aime bien.
Le jour qui décline, les passants qui pressent le pas et, plus tant saisis par cette beauté à laquelle on s’habitue trop vite, en oublient de lever les yeux. Je veux du printemps qui tire sur l’été et des fleurs à chaque coin de rue. Je vais m’évanouir dans leur ombre; m’épanouir dans leurs parfums.
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Traverser ainsi les ruelles jusqu’à plus d’heure, jusqu’à plus soif. Ne s’arrêter qu’après avoir croisé au moins trois connaissances dans ce petit village où tout le monde se salue (« Ciao, amore! »). Quand les pieds n’en peuvent vraiment plus d’avancer et réclament une pause salvatrice.
Alors seulement s’asseoir à la table d’un bouge où l’on vous sert la pêche du jour au goût inimitable. Des plats simples, la tape amicale du vieux cuisinier et ses crocchette offertes (« Assaggia pure! »). Déguster chaque plat et faire un détour pour rentrer, le temps d’une promenade digestive, la fameuse passeggiata.
Mes amis me manquent. L’air du large me manque. La solitude me manque. Cette sensation d’avoir la ville pour soi et de n’avoir rien d’autre à faire que de la parcourir. « Coucou! Je m’offre à toi. Découvre comme je suis belle et riche d’histoires. Jouis de ces détails que tu n’avais jamais aperçus jusqu’alors. Enivre-toi d’art et de cuisine et d’amour et de lumière. Gave-toi de ce merveilleux syndrome de Stendhal. Je suis là pour ça. »
Les jours fériés comme aujourd’hui, j’ai le temps de buller. Sur mon canapé, tout à cette oisiveté culpabilisante, faisons le point. Quand ai-je vraiment été heureuse? Pourquoi je n’arrive plus au bonheur? Que me faudrait-il, dans un monde idéal?
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| Sulla Luna |
Le jour qui décline, les passants qui pressent le pas et, plus tant saisis par cette beauté à laquelle on s’habitue trop vite, en oublient de lever les yeux. Je veux du printemps qui tire sur l’été et des fleurs à chaque coin de rue. Je vais m’évanouir dans leur ombre; m’épanouir dans leurs parfums.
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| Al Paradiso perduto |
Alors seulement s’asseoir à la table d’un bouge où l’on vous sert la pêche du jour au goût inimitable. Des plats simples, la tape amicale du vieux cuisinier et ses crocchette offertes (« Assaggia pure! »). Déguster chaque plat et faire un détour pour rentrer, le temps d’une promenade digestive, la fameuse passeggiata.
Les jours fériés comme aujourd’hui, j’ai le temps de buller. Sur mon canapé, tout à cette oisiveté culpabilisante, faisons le point. Quand ai-je vraiment été heureuse? Pourquoi je n’arrive plus au bonheur? Que me faudrait-il, dans un monde idéal?
Un pied-à-terre, là-bas, sur mon île. Des livres à perte de vue. Un carnet à dessin, une caméra, de la crème solaire, l’oeil aiguisé (et à nouveau enthousiaste).
Le rêve! Mais alors de quoi vivrais-je? Que faire de cet appartement adorable dans lequel je viens d’emménager et de tous les objets si précieux à mon coeur qu’il contient? Comment payer deux loyers, ses repas, et le tout sans finir en deux mois sur la paille?
Faudra-t-il attendre la retraite, et qu’alors Venise ait totalement coulé...?
Je suis perdue. Et tu me manques.
















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