Le niveau de l'eau
Dimanche passé, je suis rentrée de Lyon et ai eu la surprise de retrouver Venise presque «hors des eaux». J'entends par là qu’en temps normal, la ville étonne plus par son aspect d'immersion et ses marées qui, bien souvent, débordent.
Or, depuis une semaine, le niveau de la lagune est si bas qu'il est possible de redécouvrir les fondations des palais et les marches qui mènent à leurs entrées, telles qu’on les voyait encore à la fin du XIXe siècle (j'ai lu des études là-dessus, photos à l'appui, et c'est assez impressionant : les perspectives n'ont rien à voir avec ce que l'on voit aujourd'hui !)
Du coup, laissons un peu de côté le charme des édifices flottant sur l'eau pour redécouvrir leur monumentalité, telle qu'elle était recherchée à l'époque de leur construction (signifiant ainsi le prestige et la richesse de la famille des propriétaires) :
Les palais semblent suspendus au-dessus de l'eau. En vert, la ligne moyenne de flottaison donne une idée du niveau habituel de l'eau.
Ces pontons ont été ajoutés, souvent au début du XXe siècle, faute de pouvoir accéder aux palais par leurs escaliers, comme cela se faisait auparavant.
De nombreux pontons rongés par la vase refont surface. On découvre aussi les dégâts causés par l'onde des vagues des bateaux à moteurs : d'ordinaire invisibles, les poteaux de bois soutenant des pontons sont souvent décapités sur plusieurs rangées...
l'importance de la montée des eaux - refont surface. Au XIXe siècle, les deux rangées demeuraient hors de l'eau.
J'en profite ici pour illustrer le problème de cette montée du niveau de l'eau pour les habitations.
Celles-ci sont construites sur une base de bois "étanche" posés sur des pilotis enfoncés dans la vase. Cette partie est enduite afin de résister à l'eau. Par-dessus ce premier "plancher", on construit une base murale en pierre d'Istrie (la pierre blanche), réputée pour son étanchéité, avant de monter la maison à proprement parlé, en briques.
À l'origine, c'était tellement bien pensé que le niveau de l'eau restait toujours à celui de la pierre d'Istrie. Aujourd'hui - et on peut le voir aux marques vertes sur les murs des maisons - l'eau les dépasse sans problème, pour s'infiltrer directement dans les murs de briques, entrainant l'humidité qu'on connaît aux demeures vénitiennes, ainsi qu'un risque certain pour le maintien des murs...
Et sinon ?
Ben la ville est toujours aussi jolie :
Et Paola et Frenk ont acheté des posters pour la cuisine :
La photo insolite du jour :

























Commentaires