Webzine vénitien
Chers tous,
Un petit mot concernant un article intéressant déniché sur le webzine "TraMeZziniMag", au sujet des "nouveaux Vénitiens". Le rédacteur, Lorenzo, est un de ces amoureux de Venise dont je suis également et je constate avec joie que nous sommes plusieurs à partager les mêmes ambitions pour sa préservation.
Si vous souhaitez parcourir son blog, voici le lien : http://tramezzinimag.blogspot.ch/2012/01/les-nouveaux-venitiens-un-moyen-de.html
Vous trouverez ci-dessous la réponse que j'ai rédigée pour son article :
"Cher Lorenzo,
J'ai lu votre article avec plaisir, partagée néanmoins entre votre optimisme communicatif et la réalité que je connais de la Sérénissime.
Je l'ai découverte il y a un peu plus de dix ans et, comme ma mère avant moi, en suis tombée éperdument amoureuse. J'ai aujourd'hui 25 ans, mon parcours universitaire arrive à son terme et celui professionnel connaît de belles opportunités qui ne me permettront toutefois pas de vivre uniquement de cela toute ma vie. Je prends pourtant le risque de m'endetter cet été pour venir à Venise et décrocher un énième stage (rémunéré, celui-ci !)
Comme vous le mentionnez très bien dans votre article, il s'agit ici d'une expérience temporaire possible uniquement grâce à ma situation professionnelle encore mal définie (et j'en suis sincèrement ravie !), mais j'ai pleinement conscience que vivre sur cette île comme les jeunes de mon âge serait impossible.
Ils ont entre 27 et 35 ans, vivent bien souvent en collocation à quatre pour parvenir à verser leur loyer qui représente plus de la moitié de leur salaire, un salaire d'éternels stagiaires ou employés en CDD. Des contrats renouvelables tous les 6 mois; le prix à payer si l'on refuse l'exploitation des offres d'emploi du secteur touristique. Ces jeunes adultes ne sont pas moins ambitieux qu'ailleurs et désespèrent souvent de ne pouvoir, à leur âge, fonder une famille, exercer un métier qui les passionne et "entrer réellement dans la vie active". Pour certains, c'est une crise d'angoisse qui frôle la névrose, d'autant plus que leurs quartiers sont régulièrement vidés de leurs enseignes habituelles pour être remplacés par des rues aux magasins luxueux pour touristes, dénaturalisant complètement l'axe allant de la Piazzale Roma a San Marco, en passant par la Strada Nuova (comme vous le mentionnez dans votre texte). A ce sujet, j'ai même vu, il y a de cela deux ans, que l'office du tourisme distribuait des cartes de la ville avec, non plus les "hot spot" touristiques, mais la localisation des enseignes les plus chères ! Face à cet "envahissement", les "vrais Vénitiens" n'ont d'autre choix que de migrer à Mestre où ils retrouvent - pour combien de temps encore ? - leurs boutiques "traditionnelles", ou du moins, peu coûteuses.
Cette situation est un réel problème qui semble imputable aux politiques et je rêve sincèrement, comme vous, que les "nouveaux Vénitiens" puissent un jour leur faire prendre conscience que certains touristes - car nous restons des touristes, ne l'oublions pas - sont capables de déceler, à travers ces stratégies commerciales, le réel potentiel culturel, historique et patrimonial de la cité des doges. J'espère qu'ils continueront à la respecter et à inciter d'autres à faire de même. A les sensibiliser aux beautés cachés de la ville, qu'il est de notre devoir de préserver. Pour peut-être, un jour, faire pression sur les politiques afin de faire changer les choses. Ceux qui se battent contre les "Grande navi" sont parvenus à instaurer des restrictions sur le tonnage des bateaux de croisières qui entrent régulièrement dans la ville. Ce n'est qu'un début, mais c'est un début. J'ai parfois entendu d'anciens aficionados de ces voyages organisés plaider la cause du train pour des raisons écologiques à d'autres voyageurs lambdas et je ne perds donc pas espoir.
Votre magazine, assurément, contribue à cette sensibilisation, et je vous en remercie."
Un petit mot concernant un article intéressant déniché sur le webzine "TraMeZziniMag", au sujet des "nouveaux Vénitiens". Le rédacteur, Lorenzo, est un de ces amoureux de Venise dont je suis également et je constate avec joie que nous sommes plusieurs à partager les mêmes ambitions pour sa préservation.
Si vous souhaitez parcourir son blog, voici le lien : http://tramezzinimag.blogspot.ch/2012/01/les-nouveaux-venitiens-un-moyen-de.html
Vous trouverez ci-dessous la réponse que j'ai rédigée pour son article :
"Cher Lorenzo,
J'ai lu votre article avec plaisir, partagée néanmoins entre votre optimisme communicatif et la réalité que je connais de la Sérénissime.
Je l'ai découverte il y a un peu plus de dix ans et, comme ma mère avant moi, en suis tombée éperdument amoureuse. J'ai aujourd'hui 25 ans, mon parcours universitaire arrive à son terme et celui professionnel connaît de belles opportunités qui ne me permettront toutefois pas de vivre uniquement de cela toute ma vie. Je prends pourtant le risque de m'endetter cet été pour venir à Venise et décrocher un énième stage (rémunéré, celui-ci !)
Comme vous le mentionnez très bien dans votre article, il s'agit ici d'une expérience temporaire possible uniquement grâce à ma situation professionnelle encore mal définie (et j'en suis sincèrement ravie !), mais j'ai pleinement conscience que vivre sur cette île comme les jeunes de mon âge serait impossible.
Ils ont entre 27 et 35 ans, vivent bien souvent en collocation à quatre pour parvenir à verser leur loyer qui représente plus de la moitié de leur salaire, un salaire d'éternels stagiaires ou employés en CDD. Des contrats renouvelables tous les 6 mois; le prix à payer si l'on refuse l'exploitation des offres d'emploi du secteur touristique. Ces jeunes adultes ne sont pas moins ambitieux qu'ailleurs et désespèrent souvent de ne pouvoir, à leur âge, fonder une famille, exercer un métier qui les passionne et "entrer réellement dans la vie active". Pour certains, c'est une crise d'angoisse qui frôle la névrose, d'autant plus que leurs quartiers sont régulièrement vidés de leurs enseignes habituelles pour être remplacés par des rues aux magasins luxueux pour touristes, dénaturalisant complètement l'axe allant de la Piazzale Roma a San Marco, en passant par la Strada Nuova (comme vous le mentionnez dans votre texte). A ce sujet, j'ai même vu, il y a de cela deux ans, que l'office du tourisme distribuait des cartes de la ville avec, non plus les "hot spot" touristiques, mais la localisation des enseignes les plus chères ! Face à cet "envahissement", les "vrais Vénitiens" n'ont d'autre choix que de migrer à Mestre où ils retrouvent - pour combien de temps encore ? - leurs boutiques "traditionnelles", ou du moins, peu coûteuses.
Cette situation est un réel problème qui semble imputable aux politiques et je rêve sincèrement, comme vous, que les "nouveaux Vénitiens" puissent un jour leur faire prendre conscience que certains touristes - car nous restons des touristes, ne l'oublions pas - sont capables de déceler, à travers ces stratégies commerciales, le réel potentiel culturel, historique et patrimonial de la cité des doges. J'espère qu'ils continueront à la respecter et à inciter d'autres à faire de même. A les sensibiliser aux beautés cachés de la ville, qu'il est de notre devoir de préserver. Pour peut-être, un jour, faire pression sur les politiques afin de faire changer les choses. Ceux qui se battent contre les "Grande navi" sont parvenus à instaurer des restrictions sur le tonnage des bateaux de croisières qui entrent régulièrement dans la ville. Ce n'est qu'un début, mais c'est un début. J'ai parfois entendu d'anciens aficionados de ces voyages organisés plaider la cause du train pour des raisons écologiques à d'autres voyageurs lambdas et je ne perds donc pas espoir.
Votre magazine, assurément, contribue à cette sensibilisation, et je vous en remercie."

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